L’orientation et l’entrepreneuriat comme points d’ancrage au PFÉQ

26 novembre 2014

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Deuxième article de notre série sur l’entrepreneuriat éducatif.

Le Secrétariat à la jeunesse (SAJ) du ministère du Conseil exécutif du gouvernement du Québec chapeaute la Stratégie d’action jeunesse qui relève directement du premier ministre du Québec. L’une des principales assises de cette stratégie est le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse. Lancé en 2004 et intégré en 2007 dans une stratégie plus vaste afin de répondre aux autres défis que rencontrent les jeunes (en éducation et en emploi, en santé, dans les régions, au regard de la diversité et relativement à l’environnement), le Défi de l’entrepreneuriat s’active à promouvoir et à développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, notamment en milieu scolaire, du primaire à l’université.

Avec l’aide de ses nombreux partenaires, le SAJ soutient un grand nombre d’actions qui visent l’acquisition des valeurs ou caractéristiques entrepreneuriales comme l’autonomie, la créativité, la confiance en soi, le sens des responsabilités, le leadership…. Du primaire à l’université, le réseau scolaire est appelé à agir autrement en offrant aux jeunes la possibilité de réaliser des projets qui leur permettent de développer leur potentiel et de s’ouvrir sur leur communauté. Pour le gouvernement, la transmission des valeurs autour du goût d’entreprendre passe par la sensibilisation, l’accompagnement, la valorisation ainsi que par l’application et l’évaluation d’actions concrètes qui, contextualisées aux parcours et contenus scolaires, favorisent la persévérance et la réussite, l’insertion socioprofessionnelle, le vivre-ensemble et la citoyenneté…

La figure qui suit illustre les liens qui unissent le Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ), l’approche orientante[1] et l’entrepreneuriat. Le programme cible trois visées pour l’élève : structuration de l’identité, développement du pouvoir d’action et construction d’une vision du monde. Ainsi, tout au long de son parcours scolaire obligatoire, l’élève doit être amené à mieux se connaître, à développer son potentiel et à se donner une vision du monde qui l’entoure.

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Aussi, l’un des cinq domaines généraux de formation (DGF) intitulé Orientation et entrepreneuriat propose d’amener le jeune à développer ces trois axes : conscience de soi, de son potentiel et de ses modes d’actualisation; appropriation des stratégies liées à un projet; connaissance du monde du travail, des rôles sociaux, des métiers et des professions. L’approche orientante ceinture toutes les actions de l’école afin de proposer aux élèves une exploration personnelle et professionnelle à l’intérieur de leurs activités scolaires et parascolaires afin d’établir des liens entre leurs apprentissages et les demandes et exigences du monde du travail et de la société en général. Il s’avère aussi que le développement d’une culture entrepreneuriale pendant tout le parcours scolaire se situe à la jonction de ces différentes considérations. Ainsi, le développement des valeurs et caractéristiques entrepreneuriales (autonomie, créativité, solidarité, …) du goût d’entreprendre et de s’entreprendre, contribuent aux trois visées du PFÉQ, aux trois axes de développement du DGF Orientation et entrepreneuriat ainsi qu’aux objectifs de l’approche orientante. De ce fait, lorsque les projets entrepreneuriaux intègrent les contenus disciplinaires, les élèves en quête de sens comprennent toute la portée de l’école et l’importance de bien maîtriser les notions qui font partie de leurs cours de français, mathématique, histoire, science et technologie, arts, …

Pour aider les intervenants scolaires (enseignants, conseillers d’orientation, psychoéducateurs, etc.) dans le développement d’une culture entrepreneuriale à l’école, le MELS a élaboré plusieurs outils pédagogiques dans le cadre du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse du gouvernement du Québec. Ces outils développés depuis 2004 et financés par le SAJ concernent autant les ordres d’enseignement primaire et secondaire (formation générale des jeunes et des adultes, formation professionnelle) que collégial (formation générale et formation technique). Ils sont accessibles gratuitement sur le portail du MELS (www.mels.gouv.qc.ca/entrepreneuriat) ou sur le site du Secrétariat à la jeunesse (http://www.saj.gouv.qc.ca). Mentionnons simplement à titre d’exemple les suivants : Invitation à la culture entrepreneuriale, Développer et vivre une culture entrepreneuriale au primaire et au secondaire, Le portfolio de l’entrepreneuriat au secondaire et Un entrepreneur dans ma classe.

Ces outils ont inspiré la mise en œuvre d’un projet de formation des futurs enseignants et conseillers d’orientation à l’occasion de leur stage de fin d’études et ils deviendront ainsi autant de choix pédagogiques pertinents pour mobiliser leurs élèves En l’occurrence, depuis 2009, le moyen d’action Intégrer à la formation pratique de futurs enseignants et intervenants scolaires des stratégies d’intervention pédagogique en entrepreneuriat est venu soutenir l’ambition du Défi de l’entrepreneuriat d’intensifier le développement de la culture entrepreneuriale, notamment par la mobilisation des intervenants scolaires.

Au cours des quatre dernières années, la Commission scolaire de l’Énergie (Mauricie) a reçu le mandat d’organiser une formation en lien avec l’entrepreneuriat dans trois universités volontaires : l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université de Sherbrooke et l’Université du Québec à Rimouski – Campus de Lévis) de manière à permettre aux stagiaires en enseignement et en orientation de s’initier en compagnie de leur maître associé ou guide de stage à la pédagogie à valeur entrepreneuriale et à l’approche orientante, et ce, afin d’accompagner les élèves dans la réalisation d’un projet entrepreneurial orientant. L’ensemble de cette démarche fait également l’objet d’une recherche qui sera expliquée dans un prochain article.

La formation préparatoire au stage se déroule une fin de semaine, tout juste avant ou dans les premières semaines du stage. Les participants (étudiants stagiaires, maîtres associés ou guides de stage) reçoivent une compensation financière pour leur présence à l’université ainsi qu’un petit budget pour la réalisation du projet entrepreneurial orientant. Ce fonds permet d’acheter du matériel et des équipements, de couvrir les frais pour organiser une visite d’entreprise ou célébrer les succès de la classe par exemple. Une troisième journée est vécue à la suite du stage. Elle donne l’opportunité aux participants de partager leurs bonnes pratiques, de présenter leur projet et de procéder à la synthèse de leurs acquis. Toutes les personnes présentes repartent avec des idées de projets pour leur carrière actuelle ou en devenir. Elles confirment en plus à ce moment la pertinence de la formation reçue et le fait que le projet entrepreneurial orientant réalisé va sans aucun doute ponctuer d’une manière ou d’une autre leurs interventions auprès des jeunes en milieu scolaire.

Cette formule novatrice a fait ses preuves comme il sera possible de le constater au fil des prochains articles. À ce jour, environ 440 intervenants scolaires et près de 2 600 élèves ont été rejoints. Ils ont réalisé quelque 160 projets où le goût d’entreprendre est devenu source de persévérance et de réussite autant pour ces jeunes que pour les adultes qui les accompagnent.

[1]L’approche orientante se veut un modèle d’intervention conçu pour la réussite des jeunes. Le MEQ (1997) l’appuie afin « que l’école prenne plus résolument et de façon plus concertée des mesures pour que l’information et l’orientation scolaires et professionnelles soient mieux intégrées à l’ensemble des activités de l’école et permettent le cheminement individuel de chaque élève dans ses choix scolaires et vocationnels » (p. 38-39). Les principaux objectifs de l’approche orientante sont de permettre à l’élève : de découvrir et de nommer ses goûts, ses centres d’intérêt et ses qualités; de construire et de développer son estime de soi; d’explorer différentes professions, de développer des habitudes de travail utiles, maintenant, à son métier d’élève et, plus tard, à son insertion dans le monde du travail.