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Innover dans les modalités du développement professionnel

Les activités de formation, d’échange, de recherche et d’accompagnement que recouvre le développement professionnel sont en mutation. Le renouvellement des modalités d’action vise à susciter une meilleure participation des acteurs en apportant des réponses satisfaisantes à leurs besoins changeants. Cette révision des façons de faire cherche également à répondre aux préoccupations qui s’expriment de plus en plus à l’égard de l’arrimage des activités de développement professionnel à l’utilisation des résultats de la recherche.

Les recherches effectuées depuis plus de 30 ans sont unanimes : une culture de collaboration où les participants s’efforcent d’améliorer leur travail, apprennent les uns des autres et sont guidés et soutenus par les autorités, donnent lieu à de meilleurs apprentissages pour les élèves. Les praticiens les apprécient tout particulièrement.

Le co-développement professionnel

Parmi les activités centrées sur le partage de connaissances et d’expériences, que les praticiens apprécient tout particulièrement, le co-développement professionnel connaît une popularité croissante. Le co-développement professionnel est une approche éprouvée de formation dans l’action fondée sur l’interaction entre les membres d’un groupe restreint et relativement homogène. Guidés par un animateur, les participants se réunissent à intervalles réguliers pour développer, entre eux, à travers le partage et la résolution de problèmes, leurs savoirs et leurs compétences.

Les communautés d’apprentissage professionnelles (CAP) et les communautés de pratique (CoP) sont des formes de co-développement professionnel.

Dans une perspective de transfert intergénérationnel capable d’apporter des solutions aux problèmes du vieillissement de la main-d’œuvre, des départs à la retraite et de l’intégration du nouveau personnel, la mise sur pied de communautés de pratique et de réseaux d’échange entre les enseignants permet de confier aux travailleurs d’expérience un nouveau rôle de passeur des savoirs de pratique au bénéfice des plus jeunes.

Les communautés d’apprentissage professionnelles (CAP)

Les communautés d’apprentissage professionnelles (CAP) désigne un mode de fonctionnement d’une école qui mise sur la collaboration de tous les intervenants appelés à échanger leurs opinions et leurs savoirs et qui sont continuellement dans une situation d’apprentissage. Une CAP est située localement dans une école. Il s’agit d’un modèle innovateur de formation et d’accompagnement par les pairs dans la mise en œuvre de nouvelles pratiques.

Les CAP s’appuient sur une solide culture de collaboration, sur la capacité de recueillir et d’analyser des données précises sur l’apprentissage, de cibler les notions essentielles et les stratégies d’enseignement adaptées. Les échanges qu’elles rendent possibles facilitent grandement l’appropriation des résultats de la recherche et des savoirs expérientiels, et leur application dans les pratiques des membres de la communauté.

Les communautés de pratique

La communauté de pratique (CoP) est habituellement délocalisée. Elle rassemble un groupe de personnes qui travaillent ensemble à trouver des solutions aux problèmes rencontrés dans leurs pratiques et sont caractérisées par l’engagement mutuel des participants, le projet commun qui les réunit et le répertoire partagé (langage, outils, instruments, artefacts).

Les communautés de pratique sont des dispositifs fondés sur l’engagement mutuel des participants, l’adhésion à un projet commun et le partage d’un patrimoine (langage, outils, instruments, artefacts). Elles sont de plus en plus considérées comme un mode de formation continue et le monde de l’éducation en compte un nombre grandissant.

La création d’espaces de dialogue entre chercheurs et praticiens

Plusieurs études ont démontré que l’existence de réseaux relationnels et d’interactions fréquentes (discussions face à face, séminaires, ateliers, échanges de matériel, recherche collaborative, etc.) entre les chercheurs et les utilisateurs des données de la recherche est le facteur le plus significatif dans le succès du transfert de connaissances et de l’innovation en éducation. Le CTREQ considère en outre que la coproduction des connaissances impliquant les milieux de pratique est un moyen innovateur de soutenir un développement professionnel interactif.

Il serait donc approprié de créer des espaces de dialogue continu et des mécanismes de réseautage permanents fondés sur les échanges entre chercheurs et praticiens. Ces lieux d’échange et de partage permettraient d’encourager les démarches de recherche et d’innovation en partenariat et d’autres modes de collaboration susceptibles de créer une plus grande synergie entre les résultats de la recherche et leurs effets concrets sur la pratique.

Entre autres formes de collaboration entre les chercheurs et les praticiens, les activités soutenues dans le cadre du Programme de soutien à la formation continue du personnel scolaire (Chantier 7) du MELS offrent des moyens éprouvés de diffuser des connaissances, de sensibiliser les enseignants à l’importance de la recherche et d’accroître leurs compétences à cet égard. Susceptibles de dynamiser le développement professionnel, de telles initiatives sont à multiplier et à partager.

Les TICS

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ouvrent quant à elles de nouvelles avenues à explorer en développement professionnel : mobile (diffusion de conseils et de ressources), web vision, réseaux sociaux, etc. Les outils de travail collaboratifs (forum virtuel, blogue, wiki, répertoire de signets partagés entre collègues, etc.) rendent possible le réseautage et permettent aux acteurs de mettre en commun leurs connaissances pour trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur milieu de travail.

Des formations à l’utilisation des connaissances scientifiques

Pour qu’il puisse profiter pleinement de tels échanges, les acteurs de la pratique doivent posséder les compétences nécessaires à l’utilisation des connaissances, notamment la capacité à préciser leurs besoins et à formuler les bonnes questions. C’est pourquoi, à terme, il importe d’inscrire la référence aux savoirs scientifiques dans l’identité et l’éthique de la communauté enseignante et dans les critères de l’institution scolaire. Cette référence passe avant tout par une solide formation de base aux méthodologies de production de connaissances et à l’analyse des résultats de la recherche.

Références

Voir le projet Communauté d’apprentissage professionnelle du CTREQ  http://www.ctreq.qc.ca/realisation/communaute-dapprentissage-professionnelle-cap/

A. Ouellet (2007), Le transfert des savoirs dans l’enseignement : une nécessité, UQAR, CSQ, février.

E. Wenger (1998), Communities of Practice : Learning, Meaning, and Identity, Cambridge University Press.

T. Laferrière et M. Leclerc (2012), « Communautés de pratique et communautés d’apprentissage : des moyens efficaces de développement professionnel » communication au colloque Partageons nos savoirs, Québec, 27 avril.

R. Landry, N. Becheikh, N. Amara, S. Ziam, O. Idrissi et Y. Castonguay (2008), La recherche, comment s’y retrouver? Revue systématique des écrits sur le transfert des connaissances en éducation, MELS, Québec;

C. Dagenais et M. Janosz (2008), Étude des besoins des chercheurs de l’Université de Montréal en matière de transfert des connaissances issues de la recherche, Université de Montréal; J. Qi et B. Levin (2013), «  Assessing Organizational Efforts to Mobilize Research, Knowledge in Education », Education Policy Analysis Archives, vol. 21, no 2, http://epaa.asu.edu/ojs/article/view/1015.

P. Perrenoud « Rien n’est aussi pratique qu’une bonne théorie! », dans R. Hofstetter et B. Schneuwly (2009), Savoirs en (trans)formation. Au Coeur des professions de l’enseignement et de la formation, édition De Boeck, Bruxelles, p. 265-288.