Une formation pour développer et maintenir le goût d’entreprendre

28 janvier 2015

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En octobre 2014, le CTREQ a entrepris la publication d’une série d’articles sur l’entrepreneuriat éducatif. L’article précédent, publié le 26 novembre, présentait le Défi de l’entrepreneuriat lancé en 2004 et ses liens avec le Programme de formation de l’école québécoise.

Dans cet article, nous nous intéressons à une formation offerte aux futurs enseignants et aux intervenants scolaires dans le cadre de leur formation pratique portant sur les stratégies d’intervention pédagogique en entrepreneuriat. Mise en place en 2011, cette formation correspond à l’un des choix stratégiques du Défi de l’entrepreneuriat de la Stratégie d’action jeunesse 2009-2014 qui consiste à intensifier le développement de la culture entrepreneuriale à l’école par la mobilisation des intervenants scolaires.

La formation sur l’entrepreneuriat est proposée aux stagiaires de fin d’études aux baccalauréats en enseignement au préscolaire et au primaire, au secondaire et en adaptation scolaire et sociale, ainsi qu’aux étudiants en orientation. Elle est offerte en amont du stage pratique et se déroule durant une fin de semaine. Elle regroupe six modules présentés à l’aide de méthodes pédagogiques variées : exposés théoriques, mises en situation, exemples concrets de projets, courts travaux d’équipe et témoignages.

Les futurs enseignants et les intervenants qui ont suivi la formation sont en mesure d’encourager leurs élèves à entreprendre et de les accompagner dans la réalisation de projets entrepreneuriaux orientants.

Le défi entrepreneurial

Le premier module situe l’entrepreneuriat comme l’un des grands défis que rencontrent les jeunes Québécois, les autres étant l’éducation et l’emploi, la santé, la diversité, le développement des régions et le défi de l’environnement. Il précise le rôle de l’école dans la préparation de la relève et chiffre ce développement dans les régions du Québec. Ce premier module aborde également les défis de la main-d’œuvre et la recherche des compétences clés par les employeurs. Il porte enfin un regard sur l’internationalisation du défi de l’entrepreneuriat qui interpelle de nombreux pays aux quatre coins du globe.

Le second module met les participants en action. Ces derniers sont invités à trouver un fil conducteur entre divers termes : intérêt, compétences, réussite, but, estime de soi, motivation, capacité à surmonter les difficultés, sentiment de fierté, etc. Il s’agit là d’un prétexte en vue de présenter l’ouvrage Invitation à la culture entrepreneuriale (Denis Pelletier, MELS, 2005) et de préciser le sens du projet, ses étapes entrepreneuriales et ses critères de réussite. Les formateurs abordent ensuite les ressources émotives, communément appelées caractéristiques entrepreneuriales, en apportant plusieurs exemples de leurs manifestations dans la vie de tous les jours. Les ressources interactionnelles sont également expliquées. Ces dernières sont les étapes de réalisation du projet afin que l’expérience entrepreneuriale soit l’occasion de développer la culture entrepreneuriale à l’école.

Le troisième modules’appuie également sur l’outil Invitation à la culture entrepreneuriale. Les contenus ciblés à l’intérieur de ce module sont présentés sous forme de situations d’apprentissage et d’évaluation (SAÉ) en entrepreneuriat. Ils permettent d’intégrer tous les domaines d’apprentissage à la réalisation d’un projet. Une attention particulière est accordée à l’intentionnalité pédagogique. De plus, les participants sont guidés, selon leur expérience entrepreneuriale, à travers un processus composé de trois phases : la planification et la préparation, la réalisation et l’intégration.

La première journée de formation prend fin avec la présentation d’autres renseignements essentiels à la réalisation d’un projet entrepreneurial (ex. : problématique ou besoin à cibler, production d’un bien, d’un service ou d’un événement).

La seconde journée s’amorce avec la présentation du quatrième module et de l’outil (manuel et DVD) Le portfolio au secondaire (Georgette Goupil et Guy Lusignan). Bien que cet outil soit destiné à l’enseignement secondaire, les éléments de contenu qu’on y retrouve ont d’abord été développés et validés aux trois cycles du primaire. Le portfolio renferme l’expérience d’une quarantaine d’écoles (petites, moyennes et grandes) de tous les milieux socioéconomiques qui se sont interrogées sur la mise en place de la culture entrepreneuriale. L’ouvrage décrit l’ensemble des démarches effectuées lors de la réalisation de projets entrepreneuriaux, le rôle des membres de la direction dans l’adhésion des équipes-écoles, les modalités organisationnelles et budgétaires requises ainsi que les nombreux exemples de projets entrepreneuriaux, tantôt intégrés aux disciplines, tantôt réalisés à l’intérieur de cours à option, de profils ou de concentrations. Les situations complexes d’apprentissage en entrepreneuriat, les grilles d’appréciation d’un projet entrepreneurial, les grilles d’observation des qualités entrepreneuriales, le plan d’élaboration d’un projet entrepreneurial (chapitre 2 de l’ouvrage) occupent une large place dans la formation.

Le cinquième module traite du concept d’approche orientante et décrit largement l’outil Un entrepreneur dans ma classe (Gouvernement du Québec, 2006), un ensemble de guides développés pour le primaire, le secondaire et le collégial.L’approche orientante y est décrite comme une extraordinaire occasion d’exploration personnelle et professionnelle. Les guides illustrent comment le recours à cette approche à l’intérieur du projet entrepreneurial permet d’établir des liens entre ce que les élèves apprennent en classe et les exigences du monde du travail. On y explique également en quoi la visite à l’école d’un entrepreneur ou d’une personne entreprenante jouant un rôle utile dans la communauté peut offrir aux élèves diverses occasions de connaissance de soi et de connaissance du monde du travail tout en contribuant à ouvrir leurs horizons sur les réalités de leur environnement en action.

La formation se termine avec la présentation de quelques outils d’évaluation, dont ceux qui sont associés aux compétences disciplinaires du programme optionnel de 2e cycle du secondaire Sensibilisation à l’entrepreneuriat. Ces contenus ontpour but de renseigner les participants sur la façon d’aider les élèves à se situer au regard de l’entrepreneuriat et à participer efficacement à la mise en œuvre d’un projet entrepreneurial orientant. Une période est consacrée à la discussion en équipe sur des idées de projets ou de thèmes qu’il serait possible d’exploiter avec les élèves. L’occasion est aussi propice pour démontrer les liens entre les 12 compétences professionnelles des enseignants, les 6 compétences professionnelles des conseillers d’orientation et les caractéristiques ou qualités entrepreneuriales. D’autres informations sont transmises relativement au réseautage et au rôle que les agents des carrefours jeunesse-emploi et des coopératives de développement régional peuvent jouer afin d’appuyer les intervenants scolaires dans la sensibilisation à l’entrepreneuriat.

Ces contenus riches et variés mettent ainsi la table pour amener les participants à identifier leurs choix pédagogiques, les outils qu’ils préfèrent utiliser en stage et à l’intérieur de leur pratique professionnelle. Tous partent ensuite à l’aventure avec leurs notes de cours sous le bras et des idées plein la tête!