
Stress scolaire chez les jeunes : entre ressources personnelles, perceptions et adaptation
À l’occasion de la Journée grand public du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant, Stéphane Duchesne, professeur titulaire à l’Université Laval, a présenté une conférence sur le stress en milieu scolaire. Cet article résume quelques-uns des constats abordés.
Stress, effets et définitions
Le conférencier a défini le stress scolaire en s’appuyant sur les travaux de Högberg et al., 2020, Jagiello et al., 2025 et Pascoe et al., 2020 :
État transitoire de tension psychologique qui survient lorsque les ressources personnelles sont insuffisantes pour répondre à des pressions perçues liées aux apprentissages et aux évaluations.
Depuis quelques années, voire quelques décennies, on observe une légère hausse des problèmes de santé mentale chez les jeunes, ainsi qu’une tendance comparable en ce qui a trait au stress scolaire.
Cette évolution est préoccupante, compte tenu des effets négatifs que le stress scolaire peut avoir à court et à long terme :

Une distinction entre deux types de stress a aussi été proposée par le conférencier, soit le stress absolu et le stress relatif :
- Le stress absolu : La personne fait face à une menace réelle et immédiate. La réaction est rapide et automatique, orientée vers la protection : le cerveau a peu de temps pour évaluer la situation de manière approfondie.
- Le stress relatif (dans lequel s’inscrit le stress scolaire) : La personne n’est pas confrontée à une menace réelle et/ou immédiate, mais à une menace perçue. Ce type de stress repose sur une évaluation de la situation, notamment du rapport entre les exigences et les ressources disponibles.
À la suite de cette évaluation, deux états sont possibles. Si la personne estime que ses ressources personnelles suffisent pour répondre aux exigences de la situation, celle-ci peut être perçue comme un défi ; le stress est présent, mais il est vécu comme plus « contrôlable », ce qui favorise l’engagement. À l’inverse, si la personne juge ses ressources insuffisantes, la situation est davantage perçue comme une menace, ce qui peut favoriser des stratégies d’évitement (p. ex., procrastination, retrait).
Pressions exercées sur les jeunes
En milieu scolaire, plusieurs sources de pression peuvent être ressenties par les jeunes :

Un paradoxe se dessine dans notre système d’éducation : d’une part, on affirme la volonté de créer des environnements favorisant l’épanouissement, le bien-être et le développement du plein potentiel ; d’autre part, le fonctionnement du système repose encore souvent sur une culture de performance, comme en témoignent les sources de pression vécues par les jeunes. Dans ce contexte, la comparaison sociale (p. ex., avec les pairs ou les standards perçus) peut contribuer à l’anxiété de performance. Celle-ci peut alors amener le jeune à anticiper les prochaines évaluations et à ressentir davantage de stress au quotidien.
Ressources personnelles
Les ressources personnelles renvoient aux dispositions du jeune pour faire face au stress. Le conférencier a présenté ces ressources selon deux perspectives complémentaires :
- Perspective biopsychosociale du stress (Blascovich & Mendes, 2010) : Elle met l’accent sur les ressources disponibles (estime de soi, réactivité physiologique, habiletés, connaissances, soutien externe) qui influencent la manière dont une situation est évaluée et vécue (c’est-à-dire comme un défi ou une menace).
- Perspective motivationnelle (Ryan & Deci, 2017) : Dans cette perspective, les besoins psychologiques constituent des ressources internes favorisant l’adaptation au stress.
Les besoins psychologiques sont considérés comme fondamentaux : ils sont innés, présents à tous les âges, observés dans toutes les cultures et s’influencent mutuellement. Leur satisfaction est nécessaire pour se développer, s’actualiser et s’épanouir. On distingue trois besoins :
- Autonomie : réfère au sentiment que ses actions sont choisies et volontaires, ainsi qu’à la perception d’être à l’origine de ses comportements.
- Compétence : correspond au sentiment de pouvoir agir sur son environnement et de constater que ses actions produisent des conséquences souhaitées.
- Appartenance sociale : renvoie au sentiment d’être lié positivement à d’autres personnes et d’entretenir des relations chaleureuses et réciproques avec des personnes jugées importantes.
Lorsque les besoins psychologiques sont satisfaits, on observe généralement une motivation plus autonome (p. ex., intrinsèque), une meilleure réussite scolaire, un bien-être accru et moins de stress perçu.
Facteurs de protection du stress en milieu scolaire
Les jeunes dont les besoins psychologiques sont satisfaits sont moins enclins à ressentir du stress à l’école. Toutefois, pour que cet effet protecteur se maintienne au fil du temps, le soutien de ces besoins doit être continu et renouvelé. Par exemple, un jeune qui a bénéficié d’un environnement très soutenant dans ses différentes matières en première secondaire gagnera à retrouver des conditions similaires en deuxième secondaire afin de prévenir une augmentation du stress scolaire.
Il est donc essentiel de créer des environnements qui favorisent la satisfaction des besoins psychologiques, grâce à des pratiques éducatives efficaces – des pratiques qui s’apprennent et se développent. À cet effet, le conférencier a présenté une ressource gratuite et accessible en ligne destinée à accompagner les parents dont le jeune s’apprête à vivre la transition du primaire au secondaire : le programme de formation Maxime. Ce dernier comprend divers modules (p. ex., soutenir l’autonomie) qui proposent aux parents des stratégies concrètes pour répondre aux besoins psychologiques de leur enfant. Cette ressource peut aussi servir de point d’appui pour harmoniser les messages école-famille.
Références
Duchesne, S. (mars 2026). Stress scolaire chez les jeunes : entre ressources personnelles, perceptions et adaptation [Diapositives PowerPoint]. Université Laval, Québec.
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