Des stratégies d’enseignement de la lecture qui favorisent la motivation des élèves
Les élèves devraient être plus actifs dans leur apprentissage de la lecture selon Gravity Goldberg, une consultante et auteure américaine spécialisée en littératie. La spécialiste propose différentes stratégies d’enseignement de la lecture qui vont en ce sens.
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Cet article est une adaptation du texte « Four Teaching Moves That Promote A Growth Mindset In All Readers » publié dans le blogue MindShift du média californien KQED.
Une grande partie de l’approche de Goldberg consiste à faire comprendre aux élèves qu’il est normal de rencontrer des difficultés lorsqu’on lit, et ce, peu importe le niveau de la personne en lecture. Par exemple, il est commun d’être confus au moment de commencer un livre ou « d’échapper » quelques éléments en lisant un passage. En ce sens, la consultante recommande aux enseignants de ne pas intervenir chaque fois qu’un élève rencontre une difficulté. Elle leur suggère plutôt d’adopter différents rôles :
1. Le mineur (ou la découverte du processus de lecture)
Pour Goldberg, il est important que les enseignants prennent du temps et du recul pour observer comment chaque élève interagit avec la lecture, afin de découvrir ce que l’élève fait et ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il lit.
Il s’agit, entre autres, d’observer l’élève lire en temps réel et de le questionner sur sa façon de lire. Selon la spécialiste en littératie, les informations recueillies en observant et en écoutant un élève sont d’un tout autre ordre que celles obtenues par l’entremise d’une évaluation standard.
2. Le miroir
Cette stratégie consiste à donner des rétroactions à l’élève à propos des stratégies qu’il utilise lorsqu’il lit. Il ne s’agit pas de commenter les actions de l’élève (ex. « J’aime la prédiction que tu as faite »), mais plutôt de décrire ce qu’il fait afin de rendre explicites les efforts qu’il consacre lors de sa lecture.
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3. Le modèle
Lorsque l’enseignant adopte un rôle de modèle, il montre à l’élève comment utiliser des stratégies qui pourraient l’aider à améliorer sa lecture. Cette stratégie arrive en troisième lieu, car Goldberg soutient que l’enseignant doit d’abord avoir une idée des stratégies déjà utilisées par l’élève avant de lui en montrer de nouvelles.
À titre d’exemple, si l’enseignant remarque que plusieurs élèves sautent les mots qu’ils ne comprennent pas lorsqu’ils lisent, il pourrait choisir de modéliser ce qu’il fait lui-même lorsqu’il rencontre un mot qu’il ne connait pas en lisant (ex. relire la phrase, chercher des indices ou chercher le mot dans le dictionnaire).
En plus de permettre aux élèves de comprendre l’utilité de la stratégie, la modélisation leur fait voir que tout le monde peut rencontrer des obstacles en lisant. Utilisée lors de la lecture interactive à haute voix, cette stratégie permet aussi de montrer aux élèves comment utiliser les stratégies de lecture d’un texte à l’autre.
4. Le mentor
Lorsqu’un élève rencontre des difficultés, l’enseignant peut intervenir en lui proposant, par exemple, de lire un passage de nouveau. L’enseignant peut aussi mettre des mots sur ce qui pose problème à l’élève (ex. : « L’idée principale du texte n’est pas claire pour toi »). Il ne s’agit pas, toutefois, de résoudre le problème pour l’élève. Selon Goldberg, si l’enseignant intervient trop lorsque l’élève rencontre un obstacle, cela empêche l’élève de vivre « l’étincelle » qui survient lorsqu’il comprend par lui-même ce qu’il n’avait pas compris au départ.
L’enseignement explicite de la compréhension en lecture
Selon Goldberg, cette approche d’enseignement de la lecture s’inscrit bien dans un contexte d’ateliers, car ce dispositif permet aux élèves de lire chacun leur tour en compagnie de l’enseignant.