
Identification des compléments verbaux par des élèves de 2e secondaire au terme d’un enseignement intégré des langues de l’école
Le présent article est inspiré de la conférence d’Isabelle Gauvin, Identification des compléments verbaux par des élèves de 2e secondaire au terme d’un enseignement intégré des langues de l’école, présentée dans le cadre des conférences Scientifiquement scolaires du Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP UQAM).
Isabelle Gauvin est professeure titulaire au Département de didactique des langues de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Contexte
Les répertoires linguistiques des élèves du Québec sont pluriels. Dès l’arrivée à l’école en première année du primaire, on assiste à l’instauration d’un répertoire bilingue commun, composé du français comme langue d’enseignement et de l’anglais comme langue seconde. C’est de ce répertoire que tient compte la didactique intégrée.
La didactique intégrée sur laquelle s’appuie la recherche présentée s’appuie elle-même sur trois éléments conceptuels importants :

Objectifs de la recherche
Généralement, l’enseignement du français est indépendant de l’enseignement de l’anglais et vice versa. La prise en compte de ce qui est enseigné dans un cours de langue peut être faible (voire inexistante) dans un cours de langue autre. De ce fait, la conférencière s’est interrogée sur la possibilité de décloisonner l’enseignement du français et de l’anglais, et de comparer le mode de fonctionnement des langues pour soutenir leur apprentissage.
La recherche présentée avait donc pour objectif de documenter les effets, chez les élèves de deuxième secondaire d’un enseignement intégré des compléments verbaux en français langue d’enseignement et en anglais langue seconde sur deux aspects, soit :
- leurs connaissances des propriétés syntaxiques des compléments verbaux ;
- leurs réflexions métalinguistiques.
Quelques mots sur la méthodologie
Cette recherche comprenait trois groupes contrôles (lesquels n’ont reçu que des enseignements de la stratégie d’enseignement en français) et trois groupes expérimentaux (lesquels ont reçu des enseignements de la stratégie d’enseignement en français, en plus de l’enseignement de la stratégie en anglais qui visait à comparer le fonctionnement des compléments de verbe en français et en anglais).
Des exercices mis en place lors du prétest et lors du post-test ont permis d’évaluer les élèves sur leurs habiletés en lien avec le repérage et l’étiquetage des compléments verbaux.
Présentation des résultats saillants
Même si les compléments directs (et potentiellement les compléments indirects) leur avaient été enseignés ultérieurement, les élèves ont éprouvé des difficultés à repérer et à étiqueter des compléments de verbe lors de l’évaluation au prétest. À la suite de l’enseignement, on note chez les élèves une amélioration, tant du côté du groupe expérimental que du groupe contrôle. On ne relève cependant aucune différence statistique significative entre les deux groupes.
Afin d’affiner les résultats et d’évaluer si la stratégie a été bénéfique à certains élèves selon leur niveau de départ, l’équipe de recherche a effectué une analyse par quartiles, ce qui a permis de constater que seuls les élèves de niveau élevé du groupe expérimental se sont améliorés de manière significative dans leur capacité à repérer les compléments de verbe. Pour ces élèves, le fait d’avoir reçu un enseignement en anglais leur a permis de s’améliorer de manière significative, comparativement à ceux n’ayant bénéficié que de l’enseignement en français.
Quant à la forme des interventions, on a pu observer une inversion des proportions d’hypothèses et de questions, les deux groupes émettant davantage d’hypothèses au post-test que lors du prétest (durant lequel ils ont posé plus de questions que d’hypothèses). Une explication possible à cette observation, selon la conférencière, est que les élèves possédaient davantage de connaissances au post-test, ce qui leur permettait d’émettre davantage d’hypothèses, et non seulement de poser des questions.
Conclusion
À l’issue de cette recherche, peut-on considérer comme pertinent cet enseignement intégré du français et de l’anglais ? D’autres recherches seront à faire pour pouvoir le confirmer. Au final, les élèves de deuxième secondaire ayant participé à la recherche éprouvent encore des difficultés importantes dans l’identification du complément de verbe. On peut aussi retenir que la didactique intégrée semble avoir légèrement aidé les élèves dans la construction de leurs connaissances sur l’identification des compléments verbaux, surtout les plus forts.
Références
Gauvin, I. (mars 2026). Identification des compléments verbaux par des élèves de 2e secondaire au terme d’un enseignement intégré des langues de l’école [Diapositives PowerPoint]. Université du Québec à Montréal, Montréal.
Source de l’image : Magnific