Pour des rétroactions plus efficaces en enseignement du français langue seconde
Développement et pédagogie inclusivePédagogie et méthodes d’enseignementPost secondairePrimaireSecondaire

Pour des rétroactions plus efficaces en enseignement du français langue seconde

Publié le 11 mai 2020
3 min de lecture

Équipe de recherche

Ahlem Ammar

Professeure

Université de Montréal

La chercheuse Ahlem Ammar et son équipe se sont penchées sur l’enseignement du français langue seconde afin de déterminer l’efficacité des techniques de rétroaction écrite existantes ainsi que de mesurer les effets de deux formules de révision des erreurs (la révision individuelle et la révision collaborative). Ce que cette chercheuse a découvert pourrait intéresser l’ensemble des conseillers pédagogiques, des directions et des enseignants du secondaire au Québec désirant mettre en œuvre des pratiques rétroactives efficaces et ciblées.

Cette recherche a été financée par le Fonds de Recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC) dans le cadre du Programme de recherche sur la lecture et l’écriture.

Une recherche orientée sur l’apprentissage des élèves

Ahlem Ammar, professeure à l’Université de Montréal, souhaitait participer activement au renouvellement des pratiques rétroactives en contexte de français langue seconde. Cela aurait pour effet de mettre davantage la rétroaction corrective écrite au service des apprentissages que de l’évaluation. Son but : déterminer, parmi les techniques correctives écrites (technique directe dans laquelle l’enseignant fournit la forme correcte, soulignement et soulignement avec indice métalinguistique), laquelle est la plus efficace, selon le type d’erreurs, ainsi qu’évaluer quelles sont les pratiques révisionnelles les plus bénéfiques pour l’apprentissage. Au total, cinq classes de français langue seconde dans des écoles secondaires ont participé à l’étude.

La rétroaction semble essentielle

Les analyses effectuées révèlent plusieurs éléments importants au sujet de la rétroaction. En fait, il semble qu’à court terme, ce soit la rétroaction indirecte (avec ou sans indice métalinguistique) qui serait la plus efficace. Cependant, à travers le temps, seule la rétroaction indirecte avec indice métalinguistique montre une évolution significative. Aussi, peu importe le niveau de compétences langagières des apprenants, les effets de la rétroaction directe et indirecte semblent être les mêmes. Toutefois, les élèves détenant des connaissances métalinguistiques plus élevées sont ceux qui bénéficient le plus de la rétroaction indirecte avec indice métalinguistique. En dernière analyse, Mme Ammar souligne que, pour favoriser les apprentissages à long terme, la fréquence de l’écriture et l’annotation des textes sont vitales.

Des occasions de révision payantes pour les apprenants

Parmi différents types de stratégies révisionnelles, l’équipe de recherche a comparé les révisions individuelle et collaborative. L’étude a démontré que la révision collaborative « donne lieu à des taux plus élevés de détection et de réparation des erreurs que la révision individuelle » (Ammar, 2019b, p. 4). En outre, la complexité des erreurs linguistiques à traiter est beaucoup plus élevée que lorsque les apprenants révisent individuellement leur texte. Avec la révision collaborative, les apprenants s’engagent dans leur apprentissage et mettent en commun leurs connaissances. C’est ce qui semble faire la différence.

Conclusion

À la lumière de ces analyses, la professeure Ammar soutient que les enseignants de français langue seconde pourraient améliorer leurs pratiques rétroactives en variant les techniques utilisées et en fournissant un indice métalinguistique au lieu du codage surtout durant l’évaluation formative. Elle souligne aussi que la révision des erreurs linguistiques présentes dans les textes semble favoriser les apprentissages à long terme, puisqu’elle mobilise les apprenants dans le processus d’apprentissage. Ces erreurs représenteraient ainsi des occasions d’apprentissage, et non plus uniquement des points en moins.

📚

Références

Ammar, A. (2019). La rétroaction corrective en écriture en L2 : effets de la technique, du niveau de l’apprenant, du genre et du type de l’erreur (résumé du rapport de recherche, projet n2017-LC-198673). Université de Montréal et Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC). https://frq.gouv.qc.ca/histoire-et-rapport/la-retroaction-corrective-en-ecriture-en-l2-effets-de-la-technique-du-niveau-de-lapprenant-du-genre-et-du-type-de-lerreur/

Source de l’image : Shutterstock

Partager cette ressource