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Lire sans comprendre : un réel trouble de la lecture

Publié le 9 juillet 2013
2 min de lecture
dyslexia by SiSter PhotograPher, on Flickr

Source de l’image : Flickr Kristine Lewis

Le décodage des lettres et la prononciation des mots ne suffisent pas pour affirmer qu’un individu sait lire. Pour véritablement « lire », il est essentiel d’accéder au sens des mots lus.

Mais un trouble de compréhension est difficile à déceler chez les gens qui lisent de manière fluide. C’est la raison pour laquelle le Trouble spécifique de la compréhension en lecture (S-RCD en anglais) passe souvent inaperçu chez les jeunes lecteurs, bien qu’il soit répandu (3 à 10% des enfants qui décodent avec aisance ne comprennent pas l’essentiel de ce qu’ils lisent).En effet, le S-RCD est généralement repéré alors qu’il a déjà entravé les processus d’apprentissage.

Un trouble peu examiné

Ce déficit n’est pas à confondre avec la dyslexie, le trouble de l’identification des mots écrits qui est l’un des troubles d’apprentissage les mieux explorés. À l’opposé, peu d’études ont examiné le profil neurobiologique des individus qui présentent cet important déficit de compréhension bien qu’ils déchiffrent adéquatement les signes langagiers.

Une équipe de chercheurs du Collège de l’éducation et du développement humain de l’Université de Vanderbilt en collaboration avec L’École de médecine John Hopkins s’est intéressée à la question. Les chercheurs ont comparé les habiletés en lecture de trois groupes : des enfants atteints du trouble spécifique de la compréhension, des jeunes dyslexiques ainsi que des lecteurs au développement normal.

On the platform, reading by moriza, on Flickr

Source de l’image : Flickr Mo Riza

 

Quelques résultats

Les résultats de cette étude où les chercheurs ont examiné le niveau d’oxygénation du sang en réponse à des mots variant en fréquence ont récemment été publiés dans le journal Brain Connectivity puis rapportés dans cet article.

En somme, l’imagerie cérébrale des enfants atteints de ce trouble de compréhension révèle que leur cerveau ne fonctionne pas de la même manière que celui des dyslexiques, comme l’indique la chercheuse principale Laurie Cutting :

« Il est probable que ces individus aient une tout autre signature neurobiologique associée à leur façon de lire et que celle-ci ne soit pas efficace pour soutenir la compréhension (traduction libre). »

Ultimement, les chercheurs veulent identifier les différents processus cognitifs qui soutendent la lecture. Ils souhaitent comprendre à quel type de difficulté vient en aide chacun des systèmes et trouver une façon de les isoler.

[Consultez l’article]

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