Favoriser les compétences en lecture : le contexte de l’enseignement intensif de l’anglais
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Favoriser les compétences en lecture : le contexte de l’enseignement intensif de l’anglais

Publié le 18 décembre 2023
3 min de lecture

Équipe de recherche

Véronique Parent

Professeure agrégée

Université de Sherbrooke

Olivier Dezutter

Professeur titulaire

Université de Sherbrooke

Sunny Man Chu Lau

Professeur associé

Université Bishop

Le contexte d’enseignement intensif de l’anglais permet aux élèves de 6e année d’investir davantage de temps à l’apprentissage de l’anglais comme langue seconde en travaillant de manière plus condensée leurs autres matières. Malgré plusieurs effets positifs démontrés (Bell, White & Horst, 2013 ; ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2018), ce contexte d’enseignement soulève toujours plusieurs questionnements, notamment quant à son impact sur la progression dans les matières autres que l’anglais (École nationale d’administration publique [ENAP], 2014).

Afin de répondre, en partie, à ces questionnements, notre équipe mène une vaste étude qui vise à comprendre le développement des compétences en lecture et en écriture en français et en anglais des élèves qui évoluent dans ce contexte d’apprentissage. Un volet de l’étude donne une « voix » aux enseignantes et aux enseignants d’anglais, langue seconde, afin de mieux connaître les pratiques qu’ils privilégient pour favoriser le développement des compétences en lecture des élèves. Nous présentons ici les données préliminaires issues d’entrevues réalisées auprès de huit enseignantes et enseignants.

Quelles pratiques pour favoriser la lecture en anglais, langue seconde ?

  • Faire la promotion de la lecture : des périodes de lecture quotidiennes, en classe ou à la maison, sont suggérées, et des livres d’intérêt sont rendus disponibles dans une bibliothèque-classe. Les enseignantes et enseignants proposent des activités d’écriture sur ce qui est lu; des échanges individuels avec chaque élève sur ses lectures ; des exercices de lecture interactifs, etc.
  • Lire avec l’élève : que ce soient des phrases, des textes ou des chansons, les enseignantes et enseignants lisent à voix haute avec les élèves. Ils expliquent ce qui est lu par des exemples, en français au besoin, ou fournissent des synonymes.
  • Diversifier les lectures : les enseignantes et enseignants insistent sur l’importance de prioriser la lecture de textes courts, avant des textes plus longs. Ils privilégient des livres qui favorisent les répétitions et suggèrent l’exposition à différents types d’écrits : poésie, histoires, textes informatifs, etc.
  • Enseigner des stratégies de lecture : les stratégies enseignées sont diversifiées : se concentrer sur le sens général plutôt que sur les mots, faire des prédictions, se faire des images, etc. Le lien avec les acquis en français est promu au sens où les stratégies de lecture déployées dans une langue peuvent être utilisées pour la lecture dans une autre langue.
  • Enseigner le vocabulaire : on suggère l’utilisation de « banques de mots » en lien avec les thèmes traités dans les lectures, lesquelles peuvent contenir des définitions ou des illustrations porteuses de sens.
  • Utiliser un dictionnaire en ligne : l’accès à un dictionnaire via une tablette électronique ou un ordinateur peut favoriser l’accès rapide au sens d’un mot.

D’autres stratégies ?

Les enseignantes et enseignants soulignent l’importance d’offrir un soutien affectif aux élèves dans ce contexte d’apprentissage différent, en favorisant le lien de confiance. Il est important que les élèves se sentent à l’aide de prendre des risques.

Ces pratiques trouvent aussi écho dans la littérature scientifique qui montre des bénéfices pour les élèves à certaines conditions, par exemple en regard de la lecture à voix haute (Wiseman, 2011). Les liens avec les acquis en français ouvrent la voie à la collaboration entre titulaires et enseignantes et enseignants d’anglais, langue seconde, tel que promu par le MEES (2019), ce qui s’inscrit dans la perspective de favoriser la mise en œuvre d’une didactique intégrée des langues.

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Références

École nationale d’administration publique [ENAP]. (2014). Recherche évaluative sur l’intervention gouvernementale en matière d’enseignement de l’anglais, langue seconde, au Québec (troisième livrable) [rapport de recherche, version finale]. https://www.education.gouv.qc.ca/references/tx-solrtyperecherchepublicationtx-solrpublicationnouveaute/resultats-de-la-recherche/detail/article/recherche-evaluative-sur-lintervention-gouvernementale-en-matiere-denseignement-de-langlais-langue-seconde-au-quebec

Bell, P., White, J. & Horst, M. (2013). Est-ce que le programme d’anglais intensif nuit à la maîtrise du français? Of course not! Québec français, 170, 90–92.

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES]. (2019). La collaboration entre le titulaire et l’enseignant d’anglais, langue seconde, dans un contexte d’enseignement intensif de l’anglais. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/education/jeunes/pfeq/prim-en-ls-collab-enseig-ALS.pdf

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES]. (2018). Évaluation des  effets de l’enseignement intensif de l’anglais, langue seconde, en 6e année du              primaire 2014-2016. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3887876

Wiseman, A.M. (2011). Interactive Read Alouds: Teachers and Students Constructing Knowledge and Literacy Together. Early Childhood Education Journal 38(6), 431-438. DOI: 10.1007/s10643-010-0426-9

Source de l’image : Shutterstock

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