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Captiver, susciter le plaisir d'apprendre...

« Captiver, susciter le plaisir d’apprendre et donner le goût de l’effort : des avenues pour rejoindre les garçons en difficulté scolaire. »
Pierrette Bouchard

Québec, le mardi 11 novembre 2003 – Pierrette Bouchard, professeure-chercheuse à l’Université Laval, est titulaire de la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes. Ses recherches démontrent l’importance des dynamiques familiales sur la réussite des jeunes à l’école. « La vie familiale fait partie intégrante du système scolaire. Ainsi, la réussite d’un jeune n’est pas seulement liée à ses expériences à l’école mais également à celles qu’il vit à la maison », affirme Mme Bouchard avec conviction.

Milieu social et réussite scolaire

Cette recherche a permis de constater que les jeunes de milieu populaire sont plus susceptibles d’éprouver des difficultés scolaires. Leurs parents sont en général peu scolarisés. Toutefois, le passé scolaire d’un parent, sa situation d’emploi ou encore le fait de vivre dans une famille monoparentale ou recomposée n’auraient pas un impact négatif irrémédiable sur le rendement scolaire des jeunes. Il ne faut pas lier les difficultés des jeunes strictement à un milieu social modeste. Ces difficultés existent aussi en milieu aisé. D’autres facteurs interviennent pour expliquer les problèmes scolaires des jeunes.

Les analyses effectuées par Mme Bouchard démontrent également que, contrairement à la perception généralement répandue, les parents de jeunes en difficulté scolaire accompagnent leurs enfants et veulent les aider à s’en sortir. Mais plusieurs de ces parents sont à court de moyens, ne savent pas trop comment s’y prendre ou ont épuisé leurs ressources. Comme l’environnement familial est important dans le processus de la réussite scolaire, il faut que les parents soient conseillés sur les moyens qu’ils peuvent prendre pour aider leurs enfants.

La campagne Leur réussite, c’est aussi la nôtre répond à ce besoin. Par le biais d’un dépliant et d’un site Internet, des moyens sont offerts aux parents pour améliorer les rapports qu’ils entretiennent, eux et leurs enfants, avec l’univers familial et scolaire. Il s’agit de moyens qui ont été observés dans les familles de jeunes en situation de réussite. La communication, l’encadrement, la motivation et l’implication sont des exemples de thèmes qui sont abordés dans le dépliant et sur le site Internet.

Recherches de Mme Pierrette Bouchard

Les constatations de Mme Bouchard proviennent principalement de deux recherches. La première (de 1997 à 1999) étudiait la relation entre la socialisation familiale et l’échec scolaire. Par une étude exploratoire auprès de parents et d’un groupe d'enfants (de milieu populaire, âgés de 10 à 12 ans, inscrits au deuxième cycle du primaire), on a voulu faire émerger un ensemble de caractéristiques particulières aux enfants qui connaissent du succès à l'école dans un milieu où, selon les théories de la reproduction sociale, ils seraient davantage susceptibles d'éprouver des difficultés. Les conclusions de cette recherche ont fait ressortir certaines caractéristiques de réussite eu égard :

  • aux liens qu’entretiennent les jeunes avec l’école (plaisir d'apprendre, goût de la lecture, représentation positive de l'école);
  • au climat familial (développement de l'autonomie de l'enfant, climat de confiance, style démocratique des parents, unité de points de vue entre les parents);
  • à la relation mère-enfant dans le contexte de la réussite scolaire.

La seconde recherche (de 1998 à 2000) visait à expliquer la meilleure réussite scolaire des filles à l’école secondaire. Les résultats de l’enquête précédente reliaient la meilleure réussite scolaire des filles à l’implication parentale. Dans la seconde étude, on a tenté de différencier l’implication des pères et des mères en tenant compte du sexe de l’enfant. Ceci fut réalisé grâce à des entretiens semi-directifs auprès des pères et mères de 20 filles en situation de réussite scolaire de tous les niveaux du secondaire (10 en milieu aisé, 10 en milieu populaire) de la région de Québec. Ces filles avaient aussi un frère à l’école secondaire, qui a aussi été rencontré. La recherche démontre que, dans la foulée des luttes pour l’égalité depuis 1970, l’école sert, pour les filles, d’instrument de « mobilité de sexe », c’est-à-dire de voie d’émancipation et d’outil de changement par excellence dans les rapports sociaux entre les sexes, en même temps qu’instrument de « mobilité sociale », par lequel elles peuvent aspirer à l’indépendance et à une situation économique plus satisfaisante. Les recherches à ce jour reconnaissaient l’implication des parents comme facteur primordial de réussite scolaire, mais ne suffisaient pas à expliquer le meilleur rendement des filles par rapport aux garçons. Une connaissance plus fine de l’implication parentale s’avérait nécessaire.

Pierrette Bouchard a réalisé depuis 1994 pas moins de cinq études sur les enfants, l’école et la famille, principalement sous l’angle de la réussite scolaire. Elles ont été publiées par les Éditions du Remue-Ménage et par l’Université Laval.

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Source : Communications Paulette Dufour
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